La faculté de droit de l’Université de Parakou traverse une période de turbulence académique. Sur un effectif impressionnant de 2 482 étudiants inscrits en première année, seulement six ont réussi à valider l’ensemble des unités d’enseignement à l’issue de la première session de juin 2025. Une performance préoccupante qui alimente les débats autour du niveau des étudiants et de la rigueur des exigences universitaires.
Un système sélectif sans concession
Depuis 2012, l’université applique le système LMD (Licence-Master-Doctorat), lequel impose la validation intégrale des unités d’enseignement pour passer en année supérieure. Contrairement aux pratiques classiques, la moyenne générale ne suffit plus. Chaque matière doit être réussie individuellement, ce qui renforce considérablement le niveau d’exigence académique.
Le doyen de la faculté, Moctar Adamou, rappelle que cette politique vise à favoriser une préparation plus sérieuse de la part des étudiants. Selon lui, la souplesse antérieure — qui permettait une progression avec des matières non validées — a montré ses limites : « Beaucoup d’étudiants ne revenaient pas composer les matières à reprendre », déplore-t-il.
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Des résultats qui interpellent
Avec seulement six admis sur plus de deux mille étudiants, la session de juin révèle une situation alarmante, mais pas inédite. Les 2 476 autres devront repasser les unités non acquises lors de la seconde session. Cette rigueur est assumée par la direction de la faculté, qui privilégie la qualité de la formation à la complaisance des chiffres.
Le doyen affirme d’ailleurs qu’en 2024, environ 785 étudiants avaient validé leur année à la deuxième session, preuve que l’exigence finit par produire des résultats. Il appelle donc les étudiants à redoubler d’efforts et à prendre conscience du niveau requis pour devenir juriste.
Un tri académique assumé
Moctar Adamou ne cache pas son avis tranché sur l’origine du problème. Pour lui, tous les inscrits ne sont pas animés par une véritable vocation juridique. Certains rejoignent la filière par défaut, sans motivation profonde ni projet professionnel cohérent. « Ce ne sont pas tous ceux qui viennent dans cette faculté de droit, qui ont le profil pour être des juristes », affirme-t-il sans ambages.
Ce phénomène, couplé à une exigence méthodologique rigoureuse, contribue à la sélectivité croissante dans les premières années. La direction espère toutefois que cette pression académique favorisera l’émergence de profils mieux préparés et plus engagés.
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Un défi pédagogique de taille
Face à ce constat, les enseignants et les autorités universitaires se retrouvent devant une double mission : maintenir un niveau d’exigence élevé tout en accompagnant les étudiants dans leurs efforts de réussite. La seconde session constitue, à ce titre, une ultime opportunité pour les recalés de prouver leur engagement. En attendant les résultats de cette nouvelle évaluation, la faculté de droit de Parakou devra continuer à composer avec les critiques et les espoirs placés dans sa mission de formation. Le message reste clair : l’excellence académique passe par une sélection rigoureuse.
SOURCE : Benin Web TV

