En amont des élections générales prévues pour janvier et avril 2026 au Bénin, la Commission électorale nationale autonome (CENA) explore de nouvelles options pour s’approvisionner en matériel. Une mission officielle de la CENA s’est rendue à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), affirmant une volonté forte de privilégier l’approvisionnement local plutôt que l’importation classique. Ce choix marque un tournant stratégique dans l’organisation des scrutins à venir.
Vers une autonomie logistique nationale
Traditionnellement dépendante de fournisseurs étrangers, la CENA ambitionne désormais de renforcer la production locale en matière de logistique électorale. La visite effectuée le 9 juillet 2025 par une délégation conduite par Laurentine Adossou Davo, rapporteur du Conseil électoral, a mis en lumière cette nouvelle dynamique.
Pour elle, « consommer local » devient plus qu’un slogan : c’est une orientation affirmée pour moderniser le processus démocratique. L’un des points clés évoqués concerne la fabrication des isoloirs, éléments fondamentaux du secret du vote. La délégation s’est particulièrement intéressée aux tissus produits sur place, capables de garantir à la fois discrétion et transparence.
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Une collaboration jugée prometteuse
Les échanges entre la CENA et la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI Bénin), structure gestionnaire de la GDIZ, ont permis de poser les bases d’un partenariat. Sanni Gounou, membre du Conseil électoral, a exprimé une conviction claire : la production du matériel se fera sur place. Selon lui, cette orientation découle d’un projet structuré et non d’un effet d’annonce.
Les premières impressions de la délégation ont été très positives. Laurentine Adossou Davo a souligné le caractère inédit de ce qu’elle a observé sur le terrain. Son collègue François Abiola a, quant à lui, salué la mise en lumière des capacités réelles de la GDIZ, souvent entachées de rumeurs ou de soupçons.
Des capacités de production solides mises en avant
Du côté de la SIPI, le message se veut rassurant. Létondji Béhéton, directeur général de la zone industrielle, a détaillé les performances de la GDIZ. Il a notamment évoqué la fabrication de vêtements de sport pour la FIFA, avec une première commande de 60 000 pièces déjà lancée. À moyen terme, le projet ambitionne de produire jusqu’à 100 millions de vêtements, preuve du potentiel industriel local.
Selon ses propos, le Bénin surpasse ses voisins africains en matière d’infrastructure, de capacité de confection et de qualification de la main-d’œuvre. Cette position privilégiée ouvre la voie à une production de grande échelle, qui pourrait inclure, entre autres, le matériel électoral.
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Une étape décisive vers le Made in Benin électoral
La volonté affichée de recourir à la GDIZ illustre une démarche plus large : réduire la dépendance extérieure et ancrer l’organisation électorale dans le tissu industriel national. Pour la CENA, cette perspective représente un levier stratégique alliant efficacité, souveraineté et valorisation du savoir-faire local.
À l’approche des scrutins (législatifs et communaux le 11 janvier, présidentiel le 12 avril, avec un éventuel second tour le 10 mai), cette évolution logistique pourrait bien marquer un jalon historique dans la gestion des processus électoraux au Bénin.
SOURCE : BANOUTO

