La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict dans l’affaire impliquant Florent Mahougnon Mèkponou, célèbre figure des réseaux sociaux au Bénin. Accusé de harcèlement et d’escroquerie par voie électronique, le tiktokeur écope de deux ans de prison avec sursis et d’une amende de deux millions de francs CFA. Le jugement, prononcé le 3 juillet 2025, clôt une procédure entamée depuis l’année précédente.
Des faits numériques lourds de conséquences
Florent Mahougnon s’est vu reprocher l’usage abusif d’outils électroniques dans le but de tromper et de harceler plusieurs internautes. Connu pour ses contenus polémiques, il aurait utilisé les plateformes sociales comme terrain d’action pour mener ces agissements jugés répréhensibles. Malgré l’absence de l’accusé à l’audience, la justice a tranché, considérant les éléments à charge comme suffisamment probants.
Le tribunal a ordonné la confiscation de son ordinateur personnel, estimé avoir servi à la commission des faits. Les autres effets saisis lors de l’enquête devront toutefois lui être restitués, aucune implication directe n’ayant été démontrée concernant ces objets.
A LIRE AUSSI : Trafic de treillis militaires : le procès se poursuit devant la CRIET
Une peine conforme aux réquisitions du parquet
En avril 2025, le ministère public avait requis une peine équivalente à celle prononcée : deux années avec sursis et une amende d’un million de francs CFA. Le procureur avait également mis en garde contre les excès numériques de l’influenceur, soulignant le caractère potentiellement nuisible de ses publications sur le web.
Remis en liberté provisoire depuis mars 2025 après environ huit mois de détention, Florent Mahougnon avait déjà suscité l’attention des autorités judiciaires pour des comportements qualifiés de préoccupants.
La défense invoque la fragilité psychologique de l’accusé
L’avocat du prévenu, Me Omer Sylvain Tchiakpè, a tenté d’atténuer la gravité des faits reprochés. Il a notamment insisté sur l’état de santé mentale de son client, suivi selon lui au centre psychiatrique Jacquot. Ce suivi médical, avancé comme preuve d’une altération du discernement, devait selon la défense justifier une exonération de peine. La cour n’a cependant pas retenu cette demande, jugeant la responsabilité pénale établie.
A LIRE AUSSI : Un Nigérian jugé à la Criet pour détention de cocaïne à l’aéroport de Cotonou
Un verdict symbolique dans le contexte des dérives numériques
Cette condamnation, bien que modérée, envoie un message clair aux acteurs du numérique. La justice béninoise affirme sa volonté de réguler l’usage déviant des plateformes sociales, en particulier lorsque celles-ci deviennent le théâtre de pratiques frauduleuses ou de harcèlement.
L’affaire Mahougnon marque une étape importante dans la prise en compte judiciaire des comportements nuisibles en ligne. Elle souligne également la responsabilité croissante des influenceurs numériques, dont la popularité ne saurait les soustraire aux exigences de la loi.
SOURCE : Benin Web TV

