Après plusieurs semaines de travaux techniques, les experts internationaux mandatés pour l’audit indépendant du Fichier électoral national ont terminé leur mission. Le processus de restitution, attendu par de nombreux acteurs politiques et sociaux, entre désormais dans sa phase finale, avec un séminaire prévu ce mardi à Cotonou.
Une restitution sous haute attention institutionnelle
La cérémonie de restitution se tiendra en présence des institutions de la République, des partis politiques représentatifs, des membres de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers. Ce rassemblement vise à présenter les résultats complets de l’audit mené sous la supervision du Comité de pilotage présidé par Jean-Baptiste Elias.
L’objectif central est double : d’une part, exposer les constats relatifs à la fiabilité du fichier électoral ; d’autre part, formuler des recommandations techniques, administratives ou juridiques pour garantir l’intégrité des prochaines échéances électorales.
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Un audit à fort enjeu démocratique
Depuis la mise en place du Régime national d’identification des personnes (RNIP) en 2017, piloté par l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), le fichier électoral repose sur une base de données centralisée et numérisée. Or, dans un climat où la transparence électorale demeure un impératif, cet audit s’est imposé comme une nécessité pour restaurer la confiance collective dans les outils de gestion des scrutins.
« Est-ce que les agents de l’ANIP ont respecté les textes ? Y a-t-il eu des erreurs ? L’algorithme utilisé est-il fiable ? Voilà les questions que nous avons examinées », a déclaré Jean-Baptiste Elias en amont de la restitution, soulignant la portée critique de cette étape.
Des données sensibles au cœur de l’analyse
L’examen mené par les auditeurs a porté notamment sur :
la qualité des données collectées auprès des citoyens et résidents étrangers ;
la conformité des processus de traitement aux textes légaux ;
la robustesse des outils numériques et algorithmiques mobilisés pour l’extraction des listes électorales.
Un moment charnière pour la démocratie béninoise
Ce séminaire de restitution constitue bien plus qu’une simple formalité. Il marque une étape stratégique dans le calendrier politique, à l’approche de nouvelles consultations nationales. En associant toutes les parties prenantes à la présentation des résultats, les autorités entendent instaurer un climat de redevabilité et d’inclusivité.
La transparence revendiquée par cette démarche s’aligne avec les préoccupations exprimées par la classe politique et la société civile. Ces dernières semaines, plusieurs voix ont appelé à un examen rigoureux du fichier pour éviter toute contestation pré-électorale.
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Des ajustements à prévoir ?
Les conclusions livrées ce mardi pourraient déboucher sur des recommandations concrètes : révisions de procédures, améliorations des dispositifs techniques, voire adaptations juridiques avant la validation définitive du fichier électoral. Ce moment de vérité pourrait ainsi influencer la qualité et la crédibilité des futures élections au Bénin.
En toile de fond, l’enjeu dépasse la seule question technique. Il s’agit d’un test grandeur nature pour les institutions démocratiques et leur capacité à organiser un scrutin reconnu, équitable et incontesté.
SOURCE : Benin Web TV

