À l’approche de la présidentielle de 2026, la question du parrainage des candidats reste au cœur des débats politiques au Bénin. L’ancien ministre et ex-conseiller politique de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), Alain François Adihou, a pris position sur la récente décision de la Commission électorale nationale autonome (CENA), y voyant une évolution significative dans le processus électoral.
Un assouplissement salué par l’ancien ministre
La décision n°2025/12 de la CENA, adoptée le 18 juillet 2025, a introduit une nouvelle flexibilité concernant la participation des candidats indépendants. Contrairement à l’interprétation initiale de la réforme électorale de mars 2024, les aspirants à la magistrature suprême ne sont plus obligés de justifier une adhésion préalable à un parti politique. Désormais, il leur suffit d’obtenir une désignation formelle de la part d’un parti dont proviennent les parrains.
Pour Alain Adihou, cette évolution constitue un « signe d’ouverture, porteur d’espoir et de responsabilité ». Il considère que ce mécanisme permet à des personnalités indépendantes d’accéder à la compétition présidentielle, sous réserve de leur capacité à négocier avec les formations disposant d’élus habilités à parrainer : l’UP-R, le Bloc Républicain et Les Démocrates.
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Une réforme critiquée mais partiellement corrigée
Le nouveau Code électoral, modifié en mars 2024, a introduit des conditions plus strictes pour le parrainage. L’article 132 impose désormais à chaque candidat d’obtenir le soutien d’au moins 28 députés ou maires, répartis dans 15 circonscriptions électorales. Cette disposition, en renforçant le poids des partis, a été critiquée pour son effet d’exclusion sur les candidats indépendants.
La décision récente de la CENA apparaît donc, selon Adihou, comme une correction partielle de ce verrouillage. Elle n’élimine pas totalement la dépendance des indépendants vis-à-vis des grands partis, mais elle crée un espace de dialogue politique qui pourrait favoriser un climat plus inclusif.
Une ouverture à saluer avec prudence
Pour l’ancien conseiller, l’initiative de la CENA ne doit pas être perçue comme une solution définitive mais comme un pas en avant. Il appelle les leaders politiques, en particulier ceux de l’UP-R et du Bloc Républicain, à démontrer leur sens de l’intérêt national en accordant leurs parrainages à des profils crédibles et porteurs d’idées nouvelles.
Adihou souligne que cette ouverture ne garantit pas automatiquement une pluralité de candidatures indépendantes. Elle dépendra de la volonté des partis dominants d’accorder une part de leur influence à des acteurs extérieurs.
Un enjeu pour la vitalité démocratique
En mettant en lumière cette évolution, Adihou insiste sur l’importance de renforcer la participation politique et de préserver l’esprit pluraliste des élections. Selon lui, la CENA a montré sa capacité à interpréter la loi de manière à préserver l’équilibre démocratique. Cette flexibilité, même limitée, offre une lueur d’espoir pour les citoyens qui aspirent à des scrutins ouverts et compétitifs.
L’ancien ministre appelle ainsi à la vigilance mais aussi à l’optimisme : « Cette décision de la CENA est une ouverture politique à saluer avec prudence », affirme-t-il, tout en soulignant qu’elle pourrait constituer un jalon important dans l’évolution de la démocratie béninoise.
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Vers un processus électoral plus inclusif ?
L’enjeu dépasse la simple question juridique du parrainage. Il s’agit de garantir que la présidentielle de 2026 soit perçue comme un moment de renouveau démocratique et non comme un processus verrouillé. Pour Adihou, la balle est désormais dans le camp des acteurs politiques, dont la capacité à privilégier l’intérêt collectif sur les stratégies partisanes sera déterminante.
Ainsi, cette décision de la CENA, bien qu’incomplète, pourrait bien marquer le début d’une nouvelle phase dans la gouvernance électorale du pays.
SOURCE : Benin Web TV

