Le Bénin vient d’adopter une législation majeure sur l’immigration, destinée à clarifier et renforcer le cadre juridique applicable aux étrangers présents sur son sol. Promulguée par le président Patrice Talon le 2 juillet 2025, cette loi encadre désormais l’entrée, le séjour, la résidence et la sortie des étrangers.
L’objectif affiché est de garantir une gestion plus rigoureuse des flux migratoires, tout en maintenant les acquis des accords régionaux et bilatéraux. Votée à l’Assemblée nationale quelques jours plus tôt, la réforme marque une étape importante dans la politique migratoire du pays.
Un dispositif renforcé pour l’accès au territoire
Le texte impose que tout étranger souhaitant entrer ou transiter au Bénin dispose d’un visa délivré par une autorité compétente, sauf exemption prévue par des conventions internationales.
Cette exigence ne s’applique pas aux ressortissants de 53 pays africains bénéficiant déjà, depuis 2020, d’une exemption pour des séjours n’excédant pas 90 jours. Au-delà de cette durée, les étrangers doivent accomplir des démarches spécifiques, dont l’obtention d’un certificat d’identification personnelle d’étranger.
Ce cadre vise à concilier ouverture et contrôle. En effet, les autorités souhaitent à la fois faciliter les mobilités régionales et garantir un suivi administratif plus strict pour les séjours de longue durée.
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Formalités et obligations nouvelles
Les dispositions renforcent l’obligation pour les étrangers de posséder en permanence un passeport valide ou tout autre document d’identification reconnu. Dans le cas contraire, l’entrée sur le territoire peut être refusée. Les services frontaliers disposent du pouvoir de vérifier et de refouler toute personne dépourvue des titres requis.
De plus, les mineurs non émancipés doivent obligatoirement quitter le territoire accompagnés de leurs parents ou tuteurs légaux. Cette règle entend prévenir les situations de vulnérabilité et les risques liés à la migration des enfants.
Sanctions prévues et mécanismes de contrôle
Le législateur a introduit des sanctions fermes pour les cas de séjour irrégulier. Un étranger dépourvu de titre de séjour ou en situation non conforme s’expose désormais à une amende ou une peine d’emprisonnement de un à six mois. Cette disposition illustre la volonté des autorités d’assurer une application stricte des règles. Par ailleurs, le ministre de la sécurité publique conserve un pouvoir discrétionnaire important.
Il peut annuler un visa ou retirer une carte de résident en cas de condamnation pénale ou lorsqu’un motif grave aurait empêché la délivrance du titre si celui-ci avait été connu dès l’origine.
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Entre ouverture régionale et vigilance nationale
La réforme met en lumière la double orientation de la politique migratoire béninoise. D’une part, le pays reste attaché à son intégration africaine, en maintenant l’exemption de visa pour de nombreux États du continent. D’autre part, il entend renforcer la sécurité intérieure en encadrant plus strictement les conditions d’installation et de séjour.
Dans un contexte marqué par des défis migratoires croissants, cette loi s’inscrit dans une stratégie d’équilibre entre hospitalité et fermeté. Elle traduit la volonté du Bénin de se doter d’outils juridiques modernes pour gérer les mobilités, tout en préservant l’ordre public.
SOURCE : Benin Web TV

