L’approche des élections générales de 2026 au Bénin remet au centre des débats une question décisive : la délivrance du quitus fiscal. Ce document, indispensable à toute candidature électorale, atteste la conformité d’un citoyen vis-à-vis de l’administration fiscale. Bien que les autorités insistent sur la fluidité et la transparence du processus, de nombreuses voix expriment leurs inquiétudes.
L’ampleur des demandes attendues, combinée aux difficultés d’accès pour certaines franges de la population, alimente un climat de scepticisme. Entre les promesses gouvernementales et les réalités administratives, le sujet demeure brûlant.
Un outil de régulation électorale incontournable
Prévu par le Code électoral, le quitus fiscal reste une condition préalable pour les prétendants aux fonctions publiques électives. Qu’il s’agisse de conseillers communaux, de maires, de députés ou du président de la République, aucun candidat ne peut contourner cette exigence.
Présentée comme un gage de probité et de transparence, la mesure entend écarter les acteurs ne respectant pas leurs obligations fiscales. Déjà appliquée lors des scrutins précédents, elle conserve toute sa vigueur pour 2026.
Cependant, l’importance du nombre de demandes pose un défi organisationnel majeur. Plusieurs dizaines de milliers de dossiers devront être traités en un temps limité, ce qui accroît la pression sur les services de la direction générale des impôts (DGI).
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Des assurances officielles mais un doute palpable
Face aux inquiétudes, l’État a multiplié les déclarations rassurantes. Les responsables de la DGI assurent que le dispositif est opérationnel et que « les procédures sont claires, la plateforme accessible et les délais respectés ». L’administration se veut ferme : aucun citoyen éligible ne sera écarté de la compétition électorale faute de quitus. Toutefois, cette confiance affichée ne dissipe pas toutes les interrogations.
Les acteurs politiques redoutent des lenteurs administratives qui pourraient compromettre la régularité du processus. D’autres observateurs soulignent la fracture numérique : dans un contexte où la plateforme en ligne constitue la principale voie de demande, de nombreux usagers, notamment en zones rurales, pourraient se trouver en difficulté.
Un défi de célérité et d’équité
Le cœur du problème réside moins dans le principe que dans sa mise en œuvre. La capacité de l’administration à absorber une telle demande, dans des délais restreints, apparaît comme l’enjeu central. Les risques d’engorgement, voire de pannes techniques, inquiètent. Pour garantir la crédibilité du scrutin, il est indispensable que la délivrance des quitus se déroule sans faille.
La célérité ne constitue pas l’unique exigence : l’équité demeure tout aussi fondamentale. Une gestion inégale des dossiers, volontaire ou non, pourrait remettre en cause la confiance des citoyens dans le système. C’est pourquoi plusieurs observateurs appellent à renforcer la communication, simplifier davantage les procédures et mettre en place des dispositifs de soutien pour les populations moins familiarisées avec le numérique.
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Entre promesses et vigilance
À quelques mois des échéances électorales, la délivrance du quitus fiscal se profile comme un test grandeur nature pour l’administration fiscale béninoise. Les autorités devront conjuguer efficacité et transparence afin de préserver l’égalité de traitement entre les candidats. Dans un climat politique où la confiance est souvent fragile, toute défaillance pourrait être perçue comme un biais.
De quoi rappeler que, si le quitus fiscal demeure un instrument essentiel de régulation démocratique, sa crédibilité dépend avant tout de la manière dont il sera appliqué.
SOURCE : La Nouvelle Tribune

