L’annonce d’une réforme ambitieuse dans l’enseignement supérieur béninois a marqué la rencontre hebdomadaire du gouvernement avec les médias, vendredi 12 septembre 2025. À cette occasion, le porte-parole de l’exécutif, Wilfried Léandre Houngbédji, a levé le voile sur un projet centré sur la digitalisation des universités.
Face aux critiques sur l’absence de réformes visibles à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), il a réaffirmé que d’importants chantiers étaient en cours, notamment la préparation du télé-enseignement. Cette évolution pourrait transformer profondément le paysage académique national en offrant de nouvelles perspectives aux étudiants et enseignants.
Un projet en cours d’élaboration
En réponse aux interrogations relatives au manque d’investissements physiques dans les infrastructures universitaires, le porte-parole a tenu à souligner l’existence d’initiatives de grande ampleur. Selon lui, « des travaux sont déjà engagés depuis un an » pour concrétiser l’introduction du télé-enseignement.
Un comité spécialisé œuvre actuellement à cette réforme qui sera prochainement présentée dans ses premiers résultats. Le gouvernement ambitionne ainsi d’accélérer la transition numérique dans l’enseignement supérieur et d’adapter les institutions académiques aux standards contemporains.
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Un levier pour la digitalisation
Le télé-enseignement apparaît comme un instrument déterminant pour renforcer la dématérialisation et la digitalisation des services publics, deux axes stratégiques défendus par le régime de Patrice Talon. Le projet vise à permettre à chaque étudiant, quel que soit son lieu de résidence, d’accéder en ligne aux ressources pédagogiques. « Si en 2025 nous parvenons à offrir cette possibilité, nous serons pleinement en phase avec notre époque », a expliqué Wilfried Léandre Houngbédji.
La réforme devrait également alléger les contraintes logistiques des apprenants. Suivre un cours ne nécessiterait plus obligatoirement un déplacement vers des villes universitaires telles qu’Abomey, Parakou ou Cotonou. De quoi faciliter la vie académique et améliorer la disponibilité des enseignants.
Des acquis déjà enregistrés
Outre ce projet à venir, le gouvernement met en avant plusieurs avancées déjà réalisées dans la gestion des universités publiques. Le porte-parole a rappelé les tensions et violences qui marquaient autrefois la vie sur les campus. Désormais, affirme-t-il, la situation est apaisée. Les étudiants peuvent poursuivre leurs cours dans un climat plus sûr, loin des perturbations qui perturbaient régulièrement l’ordre académique.
Pour les autorités, ces améliorations constituent des acquis notables. Elles traduisent la volonté d’offrir un cadre d’apprentissage plus serein et d’ancrer durablement la confiance entre les différents acteurs de l’enseignement supérieur.
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Une réforme aux enjeux multiples
La mise en œuvre du télé-enseignement soulève toutefois de nombreux défis. Outre la question des infrastructures numériques, il faudra garantir un accès équitable aux technologies pour tous les étudiants, y compris ceux issus de milieux défavorisés. Néanmoins, le gouvernement affiche sa détermination à concrétiser cette réforme rapidement.
Selon le porte-parole, « nous faisons tout pour que ce programme démarre assez vite ». Cette orientation confirme une volonté d’inscrire le système universitaire béninois dans une dynamique de modernisation durable. Si elle se concrétise, la réforme pourrait marquer un tournant décisif, en plaçant la formation à distance au cœur des stratégies de développement du pays.
SOURCE : Banouto

