Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) a lancé une mise en garde publique ce 3 octobre 2025 concernant une nouvelle forme d’escroquerie en ligne : la sextorsion numérique. Selon l’institution, des cybercriminels exploitent désormais l’intelligence artificielle pour créer de fausses vidéos compromettantes, utilisées ensuite pour faire chanter leurs victimes.
Le phénomène, en nette progression au Bénin, interpelle autant les autorités que les citoyens sur la nécessité de renforcer la vigilance face aux manipulations numériques.
Des vidéos falsifiées pour piéger les victimes
Le CNIN précise que de nombreuses vidéos circulant actuellement sur les réseaux sociaux sont générées artificiellement. Les personnes mises en cause n’ont aucun lien avec les scènes diffusées, leurs images ayant simplement été détournées et intégrées dans des contenus fabriqués par IA.
Ces pratiques ont pour objectif de faire pression sur les victimes, souvent menacées de voir ces vidéos partagées publiquement si elles refusent de céder à des demandes financières ou personnelles. Pour l’institution, il est essentiel de rappeler que la diffusion de tels contenus n’implique pas une culpabilité réelle de ceux qui y apparaissent.
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Des recours juridiques clairement établis
Le CNIN insiste sur le fait que les victimes disposent de recours légaux efficaces. Toute personne confrontée à ce type de chantage est invitée à déposer plainte. Les auteurs, mais aussi les diffuseurs de vidéos falsifiées, s’exposent aux mêmes sanctions judiciaires.
Partager un tel contenu revient donc à participer directement à l’infraction. Ce rappel vise à responsabiliser la population et à souligner que la justice béninoise prend ces infractions très au sérieux. En agissant rapidement, les victimes peuvent non seulement se protéger, mais aussi contribuer à faire reculer ce type de cybercriminalité.
Des conseils de prévention essentiels
Pour limiter les risques, le centre formule plusieurs recommandations pratiques :
- éviter de transmettre des photos personnelles à des inconnus ;
- s’abstenir de cliquer sur des liens suspects reçus via messageries ou courriels ;
- ne jamais relayer de vidéos compromettantes, même à titre d’avertissement ;
- garder son calme et refuser de céder aux menaces en cas de tentative de chantage.
Les victimes peuvent saisir directement la justice en adressant leur plainte par courrier électronique à l’adresse officielle du CNIN : plaintes@cnin.bj. Ce canal numérique simplifie les démarches et permet une réactivité accrue face à des situations souvent traumatisantes.
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Une détermination affichée contre la cybercriminalité
En publiant cette alerte, le CNIN réaffirme sa volonté de lutter contre les nouvelles formes de criminalité numérique. L’usage abusif de l’intelligence artificielle pour manipuler l’image des individus représente un défi croissant, et le Bénin entend s’y opposer avec fermeté.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par la montée en puissance des arnaques en ligne dans la sous-région. Pour les autorités, l’éducation numérique, la sensibilisation et la répression judiciaire constituent des piliers complémentaires d’une stratégie de protection efficace.
SOURCE : BENIN WEB TV

