L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) s’apprête à opérer une transformation majeure de son offre de formation en master. Portée par les autorités universitaires et validée par de nouveaux décrets, cette réforme redessine les responsabilités pédagogiques et restructure l’organisation des cursus de deuxième cycle. Objectif affiché : allier lisibilité, efficacité et insertion professionnelle.
Une architecture universitaire repensée
Au cours d’une séance officielle tenue au rectorat, les responsables de l’UAC ont présenté les conclusions des travaux de la commission chargée de la réorganisation des formations de master. Cette réforme, initiée par le recteur Félicien Avlessi et pilotée techniquement par le professeur Sylvain Kpenavoun Chogou, marque un tournant décisif dans la gouvernance pédagogique.
À compter de l’année académique 2025-2026, les formations de master quitteront les écoles doctorales pour être rattachées aux Unités de Formation et de Recherche (UFR). Les UFR assumeront désormais l’ensemble des responsabilités en matière de formation au niveau master, avec pour mission d’harmoniser les contenus en tenant compte des exigences professionnelles et scientifiques.
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Une phase transitoire avant l’application intégrale
La réforme prévoit une année de transition pour assurer une mise en œuvre progressive. En 2025-2026, les inscriptions continueront à s’effectuer selon les modalités actuelles, notamment avec la distinction entre masters professionnels et masters recherche. Toutefois, ces mentions seront supprimées dès 2026-2027, même si les orientations respectives seront maintenues dans les contenus des programmes. Le professeur Chogou a souligné que les masters ne seront plus hébergés par les écoles doctorales, une clarification qui engage les UFR à assumer une double mission : préparer à la fois à l’insertion dans le monde du travail et à la poursuite d’études doctorales.
Un nouveau cadre de collaboration à définir
Le repositionnement des formations de master impose une redéfinition des interactions entre les départements, les laboratoires de recherche et les écoles doctorales. Conscient de l’enjeu, le recteur Félicien Avlessi a invité les acteurs de la communauté académique à réfléchir collectivement sur les modalités de collaboration. Il a affirmé avec fermeté que le décret serait appliqué tel quel, sans amendement possible, tout en appelant à une dynamique concertée pour en garantir la cohérence.
Cette réorganisation vise ainsi à décloisonner les parcours et à renforcer la continuité entre formation initiale, professionnalisation et recherche scientifique, dans le respect des standards internationaux et des directives nationales.
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Quelles conséquences concrètes pour les étudiants ?
Pour les étudiants actuellement inscrits ou en instance de recrutement, la réforme ne bouleversera pas immédiatement leur parcours. En 2025-2026, ils intégreront encore des programmes labellisés « professionnel ». Cependant, dès l’année suivante, ces intitulés disparaîtront au profit d’un modèle unifié. Les candidats au doctorat devront, à partir de 2026-2027, soumettre leurs dossiers d’admission avec, potentiellement, des compléments de formation exigés.
La commission chargée de la réforme appelle désormais l’ensemble des enseignants, chercheurs et responsables administratifs à accompagner ce processus de modernisation. L’UAC ambitionne de bâtir une offre de formation plus souple, mieux articulée et davantage tournée vers les besoins du marché et les exigences de la recherche.
SOURCE : Bénin Web TV

