L’activité physique ne se limite plus à ses effets visibles sur le corps. Selon une étude récente menée par l’Université de Tübingen en Allemagne, l’entraînement musculaire pourrait également remodeler le microbiote intestinal en moins de deux mois.
Cette découverte, encore en attente de validation par les pairs, met en lumière une interaction fascinante entre la force physique et la santé digestive.
L’influence du renforcement musculaire sur l’écosystème intestinal
Les chercheurs ont recruté 150 personnes sédentaires invitées à suivre un programme de résistance musculaire deux à trois fois par semaine pendant huit semaines. Les exercices comprenaient des mouvements variés : développés de poitrine, exercices abdominaux, leg curls, leg press et renforcement du dos. Certains participants travaillaient avec des charges légères et de nombreuses répétitions, d’autres avec des poids lourds et peu de répétitions.
Les deux approches ont permis d’améliorer la force et la composition corporelle, mais les chercheurs s’intéressaient surtout à ce qui se passait à l’intérieur : les bactéries intestinales. Des échantillons de selles ont été analysés au début, au milieu et à la fin de l’expérience.
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Des changements microbiens associés aux gains de force
Les participants ont ensuite été classés selon leurs progrès : les « hauts répondeurs », ayant augmenté leur force de plus de 33 %, et les « faibles répondeurs », en dessous de 12,2 %. L’élément déterminant semblait être leur niveau de force initial, mais les chercheurs ont observé une autre différence majeure : la composition du microbiote.
Chez les plus performants, 16 types de bactéries ont augmenté, tandis que 11 ont diminué. Deux espèces se sont démarquées : Faecalibacterium et Roseburia hominis. Ces bactéries produisent du butyrate, un acide gras à chaîne courte qui alimente les cellules intestinales et renforce la barrière digestive contre les agents pathogènes. Ces variations bactériennes sont souvent observées chez les personnes en bonne santé, ce qui suggère un lien entre exercice physique et bien-être intestinal.
Des résultats nuancés mais prometteurs
Toutefois, les chercheurs n’ont pas détecté d’augmentation directe de ces acides gras dans les échantillons. Autrement dit, la présence accrue de bactéries bénéfiques ne garantit pas automatiquement une production plus élevée de composés protecteurs.
De plus, l’étude souligne la complexité du microbiome : certaines bactéries dites « bonnes » ont diminué, tandis que d’autres, parfois associées à des troubles de santé, ont augmenté. Ce constat rappelle que chaque microbiote est unique et que ses réactions varient d’un individu à l’autre.
Il reste également difficile de déterminer la causalité : ces changements bactériens ont-ils favorisé les gains de force, ou est-ce l’inverse ? D’autres facteurs, notamment l’alimentation (même si les participants devaient la maintenir stable), peuvent avoir influencé les résultats.
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Un pas de plus vers la compréhension du lien corps-intestin
Cette recherche, bien que préliminaire, s’ajoute à un ensemble croissant d’études démontrant que l’exercice physique régulier influence bien plus que les muscles. Il agit aussi sur l’écosystème microbien qui soutient notre santé globale.
En somme, soulever des poids ne sculpterait pas seulement la silhouette : cela pourrait aussi renforcer la vitalité intérieure.
SOURCE : ScienceAlert

