L’écosystème médiatique béninois s’apprête à franchir une étape déterminante avec l’annonce d’une future régulation spécifique de la presse universitaire. L’initiative a été dévoilée par le Secrétaire général de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), François Awoudo, lors de l’émission L’Entretien sur BIP Radio. Elle marque pour ainsi dire une volonté affirmée de combler un vide institutionnel longtemps négligé.
Un secteur longtemps en dehors des clous
Pendant de nombreuses années, la presse universitaire a évolué sans cadre réglementaire précis. Malgré son rôle fondamental dans la formation des jeunes journalistes et l’expression des étudiants, ce segment est resté en dehors des dispositifs classiques de contrôle et d’encadrement. Par ailleurs, il est à noter que plusieurs figures éminentes du secteur, à l’instar du président actuel de la HAAC, Édouard Loko, sont elles aussi issues de ce vivier. Cela souligne d’autant plus l’importance de sa structuration.
Vers un encadrement juridique inédit
La HAAC, bien consciente de ce manque, s’est engagée à élaborer un cadre juridique et institutionnel adapté. En ce sens, les textes nécessaires à sa mise en place sont en cours de rédaction. Et l’objectif est de définir clairement les conditions d’exercice, les responsabilités et les contours de la presse universitaire. Ce chantier s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du droit des médias au Bénin, incluant aussi les organes à statut de service public.
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Clarification des règles pour les médias publics
Le Secrétaire général a profité de son intervention pour rappeler que la nomination des responsables des médias publics doit suivre une procédure précise : la HAAC propose les dirigeants, et le chef de l’État procède à leur nomination. Or, cette règle n’avait jusqu’ici jamais été formalisée ni appliquée de manière systématique. La clarification de ce processus vise à renforcer la transparence et la légitimité des nominations dans le secteur public.
Un rattrapage institutionnel assumé
Face aux critiques sur l’intensité de l’activité réglementaire, la HAAC assume pleinement sa démarche. Selon François Awoudo, il s’agit avant tout de réparer un long silence institutionnel et de doter le secteur des outils nécessaires à sa crédibilité. La future régulation de la presse universitaire s’inscrit ainsi dans une volonté de professionnalisation accrue et d’adaptation aux réalités actuelles du paysage médiatique.
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Perspectives et enjeux
Les actions initiées par la HAAC devraient permettre d’atteindre des objectifs bien spécifiques qui peuvent être énumérés comme suit :
- Renforcement de la crédibilité des médias universitaires ;
- Définition claire des responsabilités et des conditions d’exercice ;
- Meilleure intégration de la presse universitaire dans l’écosystème global ;
- Modernisation du cadre légal pour l’ensemble des médias béninois.
La HAAC entend, par cette réforme, consolider la structuration des médias au Bénin et offrir un environnement plus sûr et plus professionnel aux acteurs de la presse universitaire.
SOURCE : Benin Web TV

