Le cancer du col de l’utérus demeure l’une des principales causes de mortalité féminine au Bénin, avec près de 400 décès enregistrés chaque année. Pourtant, un diagnostic précoce permettrait de sauver de nombreuses vies.
Conscient de cet enjeu de santé publique, le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles a lancé une vaste campagne gratuite de dépistage, ouverte du 25 au 29 août 2025 dans cinq départements du pays.
Une initiative pour freiner une maladie meurtrière
Chaque année, environ 660 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués au Bénin. Faute de dépistage précoce, beaucoup de patientes arrivent à l’hôpital à des stades avancés de la maladie, compliquant ainsi la prise en charge. Le dépistage organisé cette semaine a pour objectif de réduire la mortalité et de sensibiliser les femmes sur l’importance de la prévention.
« Il urge d’agir pour sauver des vies », a insisté le Dr Juvénal Honvou, médecin spécialiste en santé publique. Selon lui, un diagnostic précoce constitue la meilleure arme contre ce cancer, dont l’évolution est souvent silencieuse aux premiers stades.
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Cinq départements mobilisés
La campagne couvre cinq départements stratégiques : le Littoral, l’Atlantique, le Borgou, le Couffo et le Zou. Au total, 40 centres de santé ont été mobilisés pour accueillir les femmes souhaitant bénéficier du dépistage.
Dans le Littoral, 15 centres participent à l’opération, dont Saint-Michel, Ayélawadjè, Sikècodji, Gbégamey, Akogbato, Chumel, Ménotin et Missessin. Le Borgou compte huit sites, notamment Parakou, Banikani et le CHD Borgou. Le Couffo met en service six centres, dont Azovè, Djakotomey et Aplahoué. Le Zou dispose également de six centres, à l’image de Bohicon 1, Bohicon 2, Kpassagon et du CHD Zou.
Dans chaque site, le dépistage est assuré de 8h à 15h. Les résultats sont disponibles dans un délai d’une semaine, permettant ainsi une prise en charge rapide des cas positifs.
Qui peut se faire dépister ?
La campagne s’adresse principalement aux femmes âgées de 25 à 75 ans. Cependant, certaines conditions sont requises pour garantir la fiabilité des prélèvements :
- les femmes enceintes ne peuvent pas être dépistées ;
- le test n’est pas réalisable pendant les menstruations ou en cas d’infection locale ;
- il est déconseillé de faire une toilette vaginale le jour du dépistage ;
- les rapports sexuels sont à éviter la veille de l’examen.
Ces précautions, rappelle le Dr Honvou, visent à assurer la qualité des analyses et la fiabilité des résultats.
Un enjeu national de santé publique
Au-delà de cette campagne ponctuelle, la lutte contre le cancer du col de l’utérus reste un défi permanent pour le système de santé béninois. L’accès limité aux soins spécialisés, le manque de sensibilisation et les tabous persistants autour des maladies féminines expliquent en partie la forte mortalité liée à ce cancer.
En organisant régulièrement des dépistages gratuits, le gouvernement cherche à démocratiser l’accès aux soins préventifs et à encourager davantage de femmes à se faire examiner. Le dépistage constitue en effet une étape cruciale pour détecter précocement les lésions précancéreuses et initier un traitement approprié.
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Une lueur d’espoir pour les femmes
Cette campagne représente une lueur d’espoir pour des milliers de femmes au Bénin. Elle s’inscrit dans une dynamique de prévention à grande échelle, visant à inverser les statistiques alarmantes liées à cette maladie. Le succès de l’initiative dépendra toutefois de la mobilisation des populations, mais aussi de la régularité de telles actions.
En sensibilisant les femmes et en leur offrant un accès gratuit au dépistage, le pays franchit un pas décisif dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Une démarche qui, selon les spécialistes, pourrait sauver des centaines de vies chaque année.
SOURCE : La Nouvelle Tribune

