Le climat politique s’anime à Kandi, dans le département de l’Alibori. Le parti d’opposition Les Démocrates (LD) a vivement réagi le mardi 26 août 2025 à ce qu’il qualifie de tentative d’éviction orchestrée contre dix de ses nouveaux conseillers communaux. Ces derniers, issus auparavant de la FCBE et de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), viennent de rallier officiellement la formation dirigée par l’ancien président Boni Yayi.
Des ralliements qui changent l’équilibre politique
Parmi les nouveaux adhérents figurent des personnalités locales influentes : le premier adjoint au maire de Kandi, des présidents de commission et plusieurs chefs d’arrondissement. Pour Les Démocrates, leur arrivée constitue un véritable « séisme politique » dans l’Alibori, traduisant la dynamique croissante du parti en vue des élections générales de 2026.
Selon la formation, ce basculement illustre un mouvement plus large d’adhésion populaire, confirmant la montée en puissance du parti d’opposition dans les communes stratégiques du Nord.
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La menace d’un vote de défiance
Cependant, cette expansion s’accompagne de résistances. Le parti affirme qu’un vote de défiance est en préparation dès le 27 août 2025 contre ces nouveaux élus, avec pour objectif de les destituer de leurs responsabilités au sein du conseil communal.
Les Démocrates dénoncent une manœuvre sélective. Ils rappellent qu’aucune procédure similaire n’a été engagée lorsque des conseillers de la FCBE ont choisi de rejoindre l’UP-R ou le Bloc Républicain. Pour eux, ce traitement différencié démontre l’existence d’un jeu politique biaisé, dirigé contre leur formation.
Des accusations contre la FCBE
La sortie médiatique de l’opposition ne s’est pas limitée à la situation de Kandi. Elle a aussi pointé du doigt la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), accusée de ne plus incarner une véritable alternative politique. Pour Les Démocrates, la FCBE agirait désormais comme « un allié déguisé de la mouvance présidentielle », facilitant indirectement les attaques contre les élus passés dans leur camp.
Cette critique illustre une fracture plus profonde au sein de l’opposition béninoise, où la légitimité des partis en lice pour 2026 se trouve au cœur des débats.
Une dynamique qui dépasse Kandi
Les Démocrates affirment que les tensions observées à Kandi ne sont pas isolées. Selon eux, d’autres communes connaissent des situations similaires : Natitingou, Abomey-Calavi, Parakou et Malanville auraient également enregistré de nouveaux ralliements qui suscitent des résistances locales.
En évoquant ces cas, le parti cherche à démontrer que son influence s’étend bien au-delà de l’Alibori, et que sa progression provoque des remous dans l’ensemble du pays.
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Un appel national au ralliement
Face à ce qu’il considère comme des obstacles orchestrés, le parti de Boni Yayi a réitéré son appel à toutes les personnalités hésitantes. Il invite élus, cadres et militants à rejoindre la dynamique qu’il qualifie de « déferlante démocratique ». Dans sa déclaration finale, la formation a affiché un ton résolument combatif : « La rupture de nos valeurs démocratiques est finie. Le peuple est avec nous. Nous vaincrons », a martelé un porte-parole, réaffirmant la détermination du parti à s’imposer comme une force incontournable lors des prochaines élections.
En définitive, cette affaire illustre la fragilité des équilibres politiques locaux à quelques mois de la présidentielle. Les batailles d’adhésion et de fidélité semblent désormais jouer un rôle aussi important que les grands débats programmatiques dans la recomposition du paysage politique béninois.
SOURCE : Benin Web TV

