Face à la persistance des menaces terroristes dans le nord du pays, le député Kamel Ouassagari, juriste et membre du parti Les Démocrates, appelle à une réforme en profondeur de la politique de défense et de sécurité du Bénin. À travers douze propositions structurantes, il esquisse les bases d’un système sécurisé, moderne et cohérent, capable de répondre aux défis asymétriques actuels.
Repenser les fondements légaux et organisationnels
Pour le parlementaire, la révision du cadre juridique encadrant les forces de sécurité constitue un préalable essentiel. Il suggère une refonte des textes régissant les structures et les statuts des personnels afin de renforcer l’attractivité des carrières, maintenir un moral élevé dans les rangs, et encourager la fidélisation.
Dans cette dynamique, la sécurité publique devrait reposer sur une nouvelle logique de territorialité. La police serait réorganisée en six directions départementales et des commissariats établis dans les communes urbaines. En parallèle, la gendarmerie verrait ses compétences réorientées vers les milieux ruraux via six groupements principaux et plusieurs compagnies locales.
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Intégrer coopération, cohésion et gouvernance stratégique
Ouassagari insiste ensuite sur l’importance de consolider les relations de bon voisinage. Cela passerait par une coopération militaire régionale active et diversifiée, appuyée sur des programmes de formation conjoints, ainsi qu’une assistance technique mutuelle. La mise en place d’une vision nationale de défense, traduite par une loi de programmation militaire pluriannuelle, permettrait d’assurer la continuité des engagements stratégiques. L’objectif : défendre les intérêts fondamentaux de la nation, tout en restant arrimé aux valeurs démocratiques.
Un nouveau modèle d’armée mixte et réactive
Le député plaide pour la création d’unités de réserve et une réorganisation des forces armées par zones de défense, afin d’accroître la capacité de réponse et d’assurer un maillage plus équilibré du territoire. L’armée de Terre, en particulier, gagnerait à être structurée autour d’unités mobiles prêtes à réagir rapidement.
Pour soutenir cette réforme, il préconise le développement des ressources humaines via une gestion prévisionnelle des compétences, ainsi que l’entretien systématique du matériel militaire pour maintenir un niveau opérationnel optimal.
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Infrastructures, parité et renseignement au cœur du dispositif
Le programme proposé prévoit l’amélioration des conditions de vie et de travail des militaires, par la construction d’équipements adaptés (casernes, mess, terrains d’exercice, etc.) et la modernisation des équipements. L’accent est également mis sur la promotion de l’égalité des chances, notamment en favorisant la présence des femmes dans la hiérarchie militaire. Cela nécessiterait un environnement institutionnel ouvert et inclusif.
Enfin, le député appelle à réorganiser profondément les services de renseignement. Il déplore leur fragmentation actuelle et propose la création d’un Conseil National de Renseignements, structure faîtière chargée de garantir la coordination entre les différentes entités. Par cet ensemble de propositions, Ouassagari aspire à doter le Bénin d’un système de sécurité robuste, cohérent et respectueux des principes démocratiques. Une ambition portée à l’échelle parlementaire, mais qui exige une volonté politique ferme pour devenir réalité.
SOURCE : Benin Web TV

