L’ancien ministre de l’Énergie du Bénin, Paulin Akponna, comparaît ce mercredi 16 juillet 2025 devant le tribunal d’Abomey-Calavi. Ce rendez-vous judiciaire fait suite à une plainte en diffamation déposée par son prédécesseur, Samou Séidou Adambi. L’affaire, qui mêle propos publics incendiaires et retentissement politique immédiat, retient déjà l’attention des observateurs.
Une déclaration qui fait dérailler la carrière ministérielle
Le 21 juin 2025, à l’occasion d’un meeting tenu à Titirou (Parakou), Paulin Akponna accuse publiquement Samou Séidou Adambi de détournement de fonds. Ces propos, rapidement diffusés par plusieurs médias locaux, déclenchent une onde de choc dans le paysage politique.
Le camp présidentiel, visiblement surpris, réagit sans attendre. À peine cinq jours plus tard, le 26 juin, Akponna est démis de ses fonctions ministérielles, une décision qui marque la rupture nette entre lui et l’exécutif.
A LIRE AUSSI : Arrestation de Comlan Hugues Sossoukpè : l’opposition dénonce une dérive autoritaire
Un parti qui se désolidarise avec fermeté
Le Bloc Républicain, formation politique dont Paulin Akponna était membre actif, prend également ses distances. Dans un communiqué bref mais sans ambiguïté, le parti déclare que les propos tenus par l’ancien ministre ne correspondent ni à ses valeurs, ni à sa vision de la loyauté politique.
Cette prise de position confirme l’ampleur des conséquences internes provoquées par l’intervention de Titirou. En moins d’une semaine, l’ancien ministre perd à la fois sa fonction gouvernementale et le soutien de sa famille politique.
Excuses publiques et procédure maintenue
Le 28 juin, au lendemain de sa convocation officielle au tribunal, Paulin Akponna tente de calmer les tensions. Il exprime publiquement ses regrets et présente ses excuses à Samou Séidou Adambi ainsi qu’à l’opinion nationale. Il affirme ne pas avoir « mesuré la portée » de ses accusations, laissant entendre un possible excès verbal dans un contexte d’agitation politique.
Pourtant, ces excuses ne suffisent pas à désamorcer le contentieux judiciaire. La procédure en diffamation se poursuit et, sauf imprévu, Akponna devra s’expliquer devant les juges sur la teneur exacte de ses propos. L’audience de ce mercredi s’annonce particulièrement suivie, compte tenu du profil des deux protagonistes : tous deux ministres influents, membres du même courant politique, et figures familières du paysage public.
A LIRE AUSSI : Parlement béninois : immersion instructive au cœur de l’administration française
Une affaire à forte portée symbolique
Ce procès ne se limite pas à un simple différend personnel. Il soulève des questions de responsabilité politique, de transparence et de cohésion au sein de la majorité présidentielle.
En sanctionnant rapidement l’un de ses ministres, le pouvoir exécutif semble vouloir rappeler l’importance de la discipline de communication en période de tension préélectorale. La décision du tribunal pourrait, à terme, influencer les règles de conduite entre acteurs politiques de premier plan, à la veille des grandes échéances de 2026.
SOURCE : Benin Web TV

