À l’approche de la fin de son second mandat, Patrice Talon a surpris son auditoire lors d’une rencontre avec des jeunes béninois, en partageant un témoignage personnel sur sa relation rompue avec Candide Azannaï. Lundi 28 juillet 2025, au Palais de la Marina, le président de la République a brisé la réserve présidentielle en livrant un discours empreint de sincérité, évoquant avec émotion l’ancien ministre devenu opposant.
Une confidence inattendue dans un échange direct
Face à un public attentif, le chef de l’État a choisi un ton direct pour répondre à Guy Mitokpè, ancien proche de Candide Azannaï. Après avoir interpellé ce dernier, il a amorcé une révélation inattendue : sa peine liée à l’éloignement avec un ancien allié devenu frère d’adversité. « Azannaï, c’est un frère. Jusqu’à maintenant, je le considère comme tel », a affirmé Talon, en soulignant la douleur causée par leur désaccord.
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Un appel discret à l’apaisement politique
Dans le fil de son intervention, Patrice Talon a évoqué une possible réconciliation après son mandat présidentiel. « Dès le lendemain de mon départ, j’espère qu’on pourra se revoir et s’embrasser », a-t-il souhaité. Une formule sobre mais chargée d’espoir, qui contraste avec les tensions ouvertes depuis le départ de Candide Azannaï du gouvernement en mars 2017.
Une leçon adressée à la jeunesse politique
Au-delà de son cas personnel, le président a délivré un message fort à la jeunesse engagée en politique. Il a insisté sur l’écart qui sépare les promesses de campagne et les responsabilités du pouvoir. Selon lui, l’exercice du gouvernement nécessite parfois de renier certains discours antérieurs au profit d’actions concrètes, même impopulaires. Il a appelé les futurs dirigeants à faire preuve de réalisme et de courage politique.
Un aveu qui pourrait changer le ton du débat
En évoquant ouvertement sa fracture avec Celui qui fut l’un des piliers de sa victoire électorale en 2016, Talon marque un tournant dans le récit politique national. Cette prise de parole publique, sur un sujet resté longtemps tabou, redonne une dimension humaine au pouvoir, et pourrait influer sur les dynamiques d’opposition en vue de la transition présidentielle.
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Une main tendue en attente d’une réponse
Pour l’heure, aucune réaction n’a été enregistrée du côté de Candide Azannaï, connu pour ses prises de position tranchées contre la gouvernance actuelle. Reste à savoir si les paroles du président, empreintes de respect et de regret, ouvriront un canal de dialogue avec celui qu’il considère toujours comme un frère.
SOURCE : Benin Web TV

