Le marché japonais connaît une transformation majeure sous l’impulsion du vieillissement démographique et de la pénurie de main-d’œuvre. Face à ces défis structurels, les entreprises nippones adoptent progressivement l’intelligence artificielle générative pour automatiser leurs processus financiers, fiscaux et RH.
Néanmoins, seules 16% des transformations digitales aboutissent, un taux qui chute drastiquement dans les secteurs traditionnels. C’est dans ce contexte que LayerX, startup spécialisée dans l’IA, vient de boucler un financement record de 100 millions de dollars en série B.
Une levée historique menée par Technology Cross Ventures
Cette opération financière marque plusieurs premières significatives. D’abord, elle constitue le premier investissement de Technology Cross Ventures (TCV) dans une startup japonaise. Ensuite, tant le montant levé que la valorisation attribuée figurent parmi les plus importantes jamais accordées à une entreprise nippone de sept ans d’existence au stade série B.
L’investissement implique également des acteurs financiers de premier plan : MUFG Bank, Mitsubishi UFJ Innovation Partners, JAFCO Group, Keyrock Capital, Coreline Venture et JP Investment ont tous participé au tour de table. Au total, LayerX a désormais mobilisé 192,2 millions de dollars depuis sa création en 2018.
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Trois solutions pour révolutionner les flux de travail
L’écosystème technologique de LayerX s’articule autour de trois plateformes distinctes. Bakuraku automatise les workflows de dépenses corporatives et traite déjà les besoins de plus de 15 000 entreprises dans la gestion des notes de frais, le traitement des factures et les opérations de cartes d’entreprise.
Parallèlement, Alterna propose une plateforme d’investissement en titres numériques développée en partenariat avec Mitsui & Co. Enfin, Ai Workforce exploite l’intelligence artificielle générative pour rationaliser les processus internes et valoriser les données d’entreprise.
Une croissance exceptionnelle portée par l’IA native
Yoshinori Fukushima, fondateur et dirigeant de LayerX, a identifié un goulot d’étranglement majeur dans les workflows japonais : le traitement manuel des factures papier. Fort de son expérience en machine learning acquise à l’Université de Tokyo et de son parcours d’entrepreneur (notamment avec l’application Gunosy cotée au Tokyo Stock Exchange), il a orienté LayerX vers une approche SaaS innovante.
La plateforme Bakuraku se distingue par son expérience utilisateur pilotée par l’IA. L’entreprise investit massivement dans l’amélioration continue des fonctionnalités d’automatisation, incluant la « saisie automatique et division de documents ». Son équipe technique rassemble plus de douze anciens directeurs techniques et un Kaggle Grandmaster, témoignant de l’expertise pointue mobilisée.
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Performances remarquables et ambitions 2030
Les résultats financiers témoignent d’une trajectoire de croissance soutenue. Entre février et avril 2025, la base client est passée de 10 000 à 15 000 entreprises, tandis que les effectifs ont doublé (de 220 à 430 employés) entre octobre 2023 et juillet 2025.
LayerX ambitionne d’atteindre 68 millions de dollars de revenus annuels récurrents plus rapidement qu’aucune autre entreprise SaaS japonaise. Le benchmark T2D3 a été franchi en avance sur les prévisions, et l’entreprise projette de battre le record national (huit ans depuis le lancement produit) en moins de cinq années.
D’ici 2030, l’objectif fixé s’élève à 680 millions de dollars de revenus récurrents annuels, dont la moitié proviendrait de l’activité agents IA. Les effectifs devraient parallèlement atteindre 1 000 collaborateurs d’ici 2028.
SOURCE : TechCrunch

