La désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle pour l’élection présidentielle de 2026 continue de susciter de vives réactions. Le parti Les Démocrates (LD), dirigé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, a exprimé son inquiétude quant au maintien du ministre d’État à la tête du ministère de l’Économie, des Finances et de la Coopération.
Pour l’opposition, sa présence au gouvernement alors qu’il est désormais candidat représente un risque sérieux de conflit d’intérêts, notamment dans le processus de délivrance des quitus fiscaux.
Une désignation qui provoque des remous
Le 30 août dernier, les responsables de la majorité présidentielle, réunis autour du chef de l’État Patrice Talon, ont choisi Romuald Wadagni pour défendre leurs couleurs lors du prochain scrutin. Si cette décision a été accueillie avec enthousiasme dans les rangs de la mouvance, elle a immédiatement éveillé la méfiance de l’opposition.
Dans un communiqué en date du 4 septembre, le parti Les Démocrates met en garde contre les risques liés au cumul des fonctions. Selon le texte, la tutelle exercée par le ministre sur la Direction générale des impôts (DGI) pose un problème fondamental : c’est cet organe qui délivre les quitus fiscaux, documents indispensables pour valider toute candidature présidentielle. L’opposition redoute que ce pouvoir administratif ne soit utilisé de manière partiale.
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Les inquiétudes exprimées par Les Démocrates
Pour le parti de Boni Yayi, la situation actuelle n’est pas compatible avec les standards d’une démocratie solide. Dans son communiqué, il est souligné que « nos populations ont exprimé leurs vives inquiétudes face à un probable délit d’initié ». Les Démocrates estiment qu’un ministre en fonction, et par ailleurs candidat déclaré, pourrait influencer directement ou indirectement le traitement des dossiers de ses adversaires politiques.
C’est pourquoi ils demandent à Romuald Wadagni de quitter le gouvernement. En cas de refus, le parti l’invite au minimum à garantir la transparence en ouvrant rapidement la plateforme de délivrance des quitus fiscaux et en s’abstenant de toute obstruction.
La DGI tente de rassurer les candidats
Ces critiques interviennent dans un contexte où la Direction générale des impôts a récemment communiqué sur l’évolution de son système de gestion. Nicolas Yenoussi, directeur général de la DGI, a annoncé la mise en place prochaine d’une plateforme numérique dédiée à la demande de quitus fiscaux. Selon lui, des travaux techniques sont en cours pour assurer la fluidité du dispositif, corriger les dysfonctionnements et garantir une meilleure accessibilité.
Le communiqué précise aussi que la plateforme sera opérationnelle dès la fin des travaux et qu’un centre d’appels est déjà disponible pour informer les citoyens. Cette annonce se veut rassurante, mais n’a pas suffi à calmer les inquiétudes de l’opposition, qui insiste sur le besoin d’un cadre impartial.
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Un climat politique déjà tendu
La controverse autour de la candidature de Romuald Wadagni intervient dans un contexte politique marqué par une méfiance persistante entre la majorité et l’opposition. Le débat sur le quitus fiscal n’est pas nouveau : il avait déjà été au cœur de tensions lors des précédents scrutins. Aujourd’hui, la question revient avec force, nourrie par les soupçons d’ingérence et les craintes d’une instrumentalisation administrative.
Au-delà des critiques, ce débat traduit la polarisation croissante de la scène politique béninoise à l’approche des élections de 2026. Tandis que la mouvance vante le bilan et les compétences de son candidat, l’opposition insiste sur la nécessité de garanties pour un processus électoral équitable. La question du maintien ou non de Wadagni au gouvernement pourrait bien devenir l’un des enjeux centraux des prochains mois.
SOURCE : La Nouvelle Tribune

