La Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) traverse une zone de turbulences judiciaires. Trois de ses responsables, dont le Directeur des ressources humaines, ont été placés sous mandat de dépôt par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Ces arrestations interviennent après plusieurs jours de garde à vue et de longues auditions devant la Brigade économique et financière. Ce nouveau développement met en lumière les tensions internes et la volonté des autorités judiciaires de sanctionner les dérives présumées dans la gestion de cette entreprise publique stratégique.
Une enquête aux ramifications multiples
Les soupçons pèsent depuis plusieurs jours sur certains responsables de la SBEE. Le DRH, Nicaise Antonio, accompagné de plusieurs collègues, a été interpellé et maintenu en garde à vue pendant une semaine. Déférés devant le parquet spécial, lui et deux cadres, Adognon Éloi et Djadja Wilfried, ont vu leur situation se compliquer.
La juridiction a retenu des accusations sérieuses, parmi lesquelles figure l’abus de fonction, un chef d’inculpation régulièrement invoqué dans les affaires de gouvernance publique au Bénin.
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Des décisions judiciaires contrastées
Au total, une demi-douzaine de responsables auraient été entendus dans le cadre du dossier. Toutefois, seuls trois d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt à l’issue des auditions. Les autres cadres, remis en liberté sous convocation, restent dans le viseur de la justice en attendant la suite de la procédure.
Ce traitement différencié témoigne de la complexité de l’affaire et de la diversité des responsabilités supposées. La CRIET, juridiction spécialisée, a choisi de maintenir un suivi étroit, ce qui montre la sensibilité politique et économique du dossier.
Une entreprise publique sous pression
La SBEE, pilier de la fourniture d’électricité au Bénin, se retrouve au centre d’une tempête judiciaire. L’arrestation de son DRH et de cadres stratégiques pourrait fragiliser son fonctionnement interne et alimenter des inquiétudes parmi les salariés.
L’opinion publique, déjà attentive aux difficultés rencontrées par le secteur énergétique, perçoit ce dossier comme une épreuve supplémentaire pour une société appelée à jouer un rôle central dans le développement économique national. Ce climat pèse sur la réputation de l’entreprise et sur la confiance de ses partenaires.
Une audience attendue dans les prochaines semaines
La CRIET prévoit d’ouvrir une première audience prochainement afin de préciser la nature des charges retenues. Ce rendez-vous judiciaire devrait offrir une meilleure visibilité sur la solidité des accusations et la défense des cadres impliqués.
En attendant, la tension demeure palpable au sein de la société publique, où chacun mesure l’impact potentiel de ce dossier sur l’avenir de l’entreprise. La procédure s’annonce longue et pourrait marquer un tournant dans la manière dont les autorités entendent renforcer la transparence dans les structures étatiques.
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Un signal fort de la justice béninoise
L’affaire illustre la volonté des institutions judiciaires de s’attaquer aux pratiques présumées illégales au sein des entreprises publiques. En plaçant sous mandat de dépôt des responsables de la SBEE, la CRIET envoie un message clair : les dérives liées à l’abus de fonction ne resteront pas sans réponse. Le suivi attentif de l’opinion dans les prochaines semaines reflètera à la fois l’importance de cette affaire et les attentes d’une société en quête de gouvernance plus rigoureuse.
SOURCE : Benin Web TV

