Une opération de libération des trottoirs a pris une tournure violente à Godomey, dans la commune d’Abomey-Calavi. Le samedi 6 septembre 2025, une intervention des forces de l’ordre visant à dégager les installations anarchiques a déclenché des affrontements avec de jeunes vendeurs, provoquant plusieurs blessés et des arrestations. L’incident met en lumière les tensions récurrentes entre initiatives publiques d’assainissement urbain et les populations directement touchées par ces mesures.
Une opération qui dégénère rapidement
Les éléments du commissariat de Godomey avaient pour mission de libérer les trottoirs encombrés par des installations improvisées. Tables, parasols et étals faisaient partie des biens saisis. Selon plusieurs témoins, certains de ces équipements ont été aspergés d’essence puis incendiés par les agents, un geste perçu comme une provocation par les commerçants. Cette destruction aurait marqué le point de bascule, transformant une opération administrative en affrontement ouvert.
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La riposte des jeunes vendeurs
Face à la perte de leurs biens, des commerçants, en majorité de jeunes vendeurs, ont opposé une résistance farouche. Ils ont lancé des projectiles en direction des policiers, forçant ces derniers à réagir pour disperser la foule. Des tirs ont retenti, créant un climat de panique dans le quartier. D’après les informations recueillies sur place, au moins deux personnes ont été blessées : l’une à la main, l’autre aux tympans.
Ces violences soulignent la fragilité des relations entre forces de l’ordre et populations dans un contexte où les moyens de subsistance reposent souvent sur le commerce informel.
Arrestations et suites judiciaires
Cinq personnes ont été interpellées au cours de l’opération. Elles devraient être présentées devant les autorités compétentes dans les prochains jours. Plusieurs autres individus, impliqués dans les heurts, ont réussi à prendre la fuite. L’enquête devrait permettre de clarifier les responsabilités et de déterminer les suites judiciaires. La police, de son côté, affirme avoir agi dans le cadre strict de la campagne nationale d’assainissement des espaces publics. Cette initiative vise à rendre les artères plus fluides et à réduire l’occupation anarchique qui gêne la circulation et la sécurité des piétons.
Des témoignages contrastés
Si certains riverains dénoncent la brutalité de l’opération, d’autres mettent en avant la retenue des forces de l’ordre. Un habitant a confié : « Sans mentir, les policiers ont vraiment patienté. Ils ont attendu quelques ordres de leurs supérieurs avant de commencer par ouvrir le feu ». Ce témoignage illustre la perception ambivalente d’une intervention jugée nécessaire par certains, mais brutale et mal gérée par d’autres.
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Un reflet des défis urbains au Bénin
Ces événements traduisent les difficultés liées à la gestion des espaces publics dans les grandes agglomérations béninoises. Les déguerpissements, menés au nom de l’ordre urbain, entrent souvent en conflit avec les réalités économiques des populations qui dépendent du commerce de rue.
Au-delà des tensions immédiates, l’affaire de Godomey relance le débat sur la manière dont les politiques de réorganisation urbaine devraient être conduites. L’enjeu reste de trouver un équilibre entre la nécessité de rendre les villes plus vivables et la protection des moyens de subsistance des citoyens.
SOURCE : Benin Web TV

