La question du parrainage électoral continue de susciter des débats au Bénin. Lors d’une rencontre le 20 août 2025 entre la Commission électorale nationale autonome (Céna) et les députés, une divergence est apparue concernant l’obligation d’indiquer un accord de gouvernance sur le formulaire de parrainage.
Selon le directeur général des élections, Boucary Adam Soulé, cette mention s’appuie sur l’article 132 du Code électoral. Mais le député Orden Alladatin a vivement contesté cette exigence, la jugeant inadaptée et source de confusion. Ce désaccord révèle une nouvelle tension sur les modalités de mise en œuvre de la réforme électorale adoptée en 2024.
Le fondement juridique invoqué par la Céna
Pour justifier la présence de la mention relative aux accords de gouvernance, la Céna s’appuie sur la loi 2024-13. « Pourquoi on a mis un accord de gouvernance sur le formulaire, c’est parce que la loi en dispose ainsi », a expliqué Boucary Adam Soulé.
Selon lui, l’absence de cette formalité remettrait en cause la validité du dossier de parrainage. Dans l’optique de l’institution, il s’agit donc d’une garantie de transparence visant à s’assurer que les alliances politiques sont clairement établies au moment de la validation des candidatures.
A LIRE AUSSI : Bénin : Alain Adihou salue une décision de la CENA comme un signe d’ouverture
La contestation d’Orden Alladatin
De son côté, Orden Alladatin estime que cette disposition pose un problème de cohérence pratique.
Pour le député, il serait plus pertinent de mentionner l’appartenance politique du parrain plutôt que l’existence d’un accord de gouvernance. « Entre le moment où le parrain remet sa fiche au duo-candidat et la suite du processus, un accord politique peut intervenir après », a-t-il fait remarquer.
Il considère donc qu’il est injustifié d’imposer aux parrains de fournir une information susceptible d’évoluer. Pour lui, cette exigence ne reflète pas la réalité dynamique des alliances électorales.
Une responsabilité à confier à la Céna
Le député propose une approche différente. Selon lui, c’est à la Céna de centraliser les accords de gouvernance déposés par les partis politiques et de vérifier les correspondances. « Comme les partis en accord de gouvernance doivent donner la preuve à la Céna, il revient à l’institution de faire les liens nécessaires », a-t-il insisté.
Autrement dit, le rôle du parrain devrait se limiter à indiquer son appartenance politique, tandis que la Céna aurait la charge de s’assurer de la conformité des dossiers au regard des alliances déclarées.
A LIRE AUSSI : Kandi : Les Démocrates dénoncent une manœuvre politique contre leurs conseillers
Un débat révélateur des tensions électorales
Cette divergence entre la Céna et Orden Alladatin illustre les tensions persistantes autour du système de parrainage introduit dans la législation électorale béninoise.
Alors que l’institution électorale défend une lecture stricte du Code, certains députés redoutent que ces exigences ne compliquent inutilement la préparation des élections. À l’approche des scrutins de 2026, la question de la validité des parrainages reste donc un sujet sensible, susceptible de nourrir de nouvelles controverses politiques.
En somme, le débat entre la Céna et Orden Alladatin révèle une opposition entre une interprétation juridique stricte et une vision plus pragmatique du processus électoral. Reste à savoir si des ajustements seront opérés pour concilier les deux approches avant les prochaines échéances.
SOURCE : La Nouvelle Tribune

