Le Ghana tourne une page controversée de sa politique environnementale cette semaine. Le gouvernement a abrogé la loi de 2022 qui autorisait l’exploitation minière dans les réserves forestières nationales. Cette décision élimine une menace majeure pesant sur le patrimoine naturel du pays d’Afrique de l’Ouest. Le président John Dramani Mahama avait promis cette mesure durant sa campagne électorale.
Les défenseurs de l’environnement saluent unanimement ce revirement salvateur pour les écosystèmes forestiers ghanéens. Selon l’ONG A Rocha Ghana, plus de 90% des réserves nationales se trouvaient menacées par cette législation permissive adoptée il y a trois ans.
Une victoire environnementale saluée par les ONG
Daryl Bosu, vice-président de l’ONG A Rocha Ghana, qualifie cette abrogation de retour au bon sens écologique. « Cela montre que le gouvernement est prêt à restaurer ce qui a été perdu », déclare-t-il avec satisfaction. Le responsable associatif souligne que le pays revient vers une exclusion totale de l’exploitation minière dans ses réserves forestières.
Cette législation de 2022 avait provoqué un tollé dans la société civile ghanéenne. Les organisations environnementales dénonçaient une ouverture dangereuse permettant la destruction légale des derniers poumons verts du pays. Le Ghana possède des réserves forestières hébergeant une biodiversité exceptionnelle et jouant un rôle crucial dans la régulation climatique.
L’abrogation marque une inflexion majeure dans la politique environnementale du gouvernement. Elle témoigne d’une prise de conscience des dégâts causés par l’exploitation minière intensive sur les écosystèmes fragiles. Les autorités reconnaissent implicitement que le développement économique ne peut se faire au détriment du patrimoine naturel national.
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Des menaces persistantes malgré l’interdiction légale
Malgré cette avancée législative significative, le danger pesant sur les forêts ghanéennes demeure réel. Les mines artisanales continuent de proliférer dans plusieurs zones protégées. L’exploitation illégale du bois se poursuit aussi dans de nombreuses réserves. L’accaparement des terres par des intérêts privés constitue une autre menace sérieuse pour la préservation forestière.
Les autorités ghanéennes reconnaissent qu’une quarantaine de réserves restent affectées par l’orpaillage illégal. Ces activités clandestines échappent au contrôle des agents forestiers souvent dépassés par l’ampleur du phénomène. Les mineurs artisanaux opèrent fréquemment dans des zones reculées difficiles d’accès pour les forces de l’ordre.
L’exploitation forestière illégale représente aussi un fléau majeur. Les trafiquants de bois précieux n’hésitent pas à pénétrer dans les zones protégées pour prélever des essences rares. Ces prélèvements sauvages contribuent à la déforestation galopante observée dans certaines régions. Le Ghana perd chaque année des milliers d’hectares de forêt à cause de ces pratiques destructrices.
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Un défi d’application sur le terrain
L’abrogation de la loi ne suffira pas à elle seule pour protéger efficacement les réserves forestières. Le gouvernement devra déployer des moyens conséquents pour faire respecter cette interdiction sur le terrain. Les agents forestiers nécessitent davantage de ressources humaines et matérielles pour surveiller les zones sensibles.
La collaboration avec les communautés locales s’avère aussi essentielle. Ces populations riveraines des forêts peuvent devenir des alliées précieuses dans la lutte contre l’exploitation illégale. Des programmes de sensibilisation et des alternatives économiques doivent leur être proposés pour réduire la pression sur les ressources forestières. De quoi transformer cette victoire législative en protection concrète des poumons verts du Ghana.
SOURCE : Benin Web TV

