La publication du calendrier électoral par la Commission électorale nationale autonome (CENA), le 11 août 2025, marque un tournant dans la préparation de la présidentielle béninoise d’avril 2026. Si le parti d’opposition Les Démocrates reconnaît un progrès, il insiste sur la nécessité de maintenir une vigilance constante pour garantir un processus transparent et équitable.
Un calendrier attendu après des incertitudes
Signé par le rapporteur de la CENA, le document fixe au 2 septembre 2025 le début du retrait des fiches de parrainage pour les candidats. Cette étape, initialement reportée fin juillet, avait provoqué de fortes inquiétudes dans les rangs de l’opposition, qui craignait un glissement du calendrier ou des manœuvres dilatoires.
Basile Ahossi, député et vice-président des Démocrates, a exprimé un soulagement prudent. Selon lui, ce pas en avant ne doit pas occulter les zones d’ombre du processus : « Nous avons commencé à nous interroger sur la direction que prenaient les choses, étant donné que nous sommes en face de gens qui ont plus de 1000 tours dans leurs sacs ». Ce propos illustre la méfiance persistante à l’égard des intentions du pouvoir.
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La vigilance au cœur de la stratégie
Malgré cette avancée, la ligne du parti reste claire : surveiller chaque étape. Pour Basile Ahossi, le risque d’un blocage ou d’une exclusion reste présent. « Nous resterons très vigilants, nous aurons nos yeux bien ouverts afin que des surprises ne viennent encore perturber nos espoirs », affirme-t-il, mettant en garde contre toute manœuvre visant à fausser la compétition.
Ce positionnement reflète un sentiment partagé par une partie de l’opinion publique : dans un climat politique marqué par des tensions récentes, la transparence ne se décrète pas, elle se prouve. Les Démocrates entendent donc exercer une surveillance active, convaincus que le contrôle citoyen et politique est un rempart essentiel contre d’éventuelles irrégularités.
Un appel à tourner la page de 2019
Au-delà des mises en garde, le vice-président du parti tend également la main. Il appelle à refermer la parenthèse des crises électorales passées, notamment celle de 2019, marquée par une forte polarisation et l’exclusion de certaines forces politiques.
Basile Ahossi exprime l’espoir que le président Patrice Talon, en fin de mandat, agira pour laisser un héritage positif : permettre à la classe politique de retrouver la convivialité et la compétition loyale qui, selon lui, caractérisaient autrefois les élections au Bénin. Cet engagement pour un climat apaisé est présenté comme une condition indispensable à la crédibilité du scrutin à venir.
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Une épreuve pour la démocratie béninoise
À huit mois du rendez-vous électoral, le pays entre dans une phase décisive. Le calendrier fixé par la CENA représente plus qu’une simple formalité administrative : il constitue un signal politique fort, dont la mise en œuvre effective déterminera la confiance des acteurs et des citoyens.
Pour Les Démocrates, la bataille ne se limite pas à la conquête du pouvoir. Elle se joue aussi sur le terrain de la préservation des règles du jeu démocratique, gage de stabilité et de légitimité. Les prochains mois diront si la « petite avancée » constatée ouvre la voie à un scrutin inclusif et pacifié, ou si les tensions anciennes referont surface.
SOURCE : Benin Web TV

