Le secret de dents plus fortes, plus blanches et plus saines se trouvait depuis toujours au sommet de nos têtes. Des chercheurs du King’s College London ont mis au point une méthode révolutionnaire utilisant une protéine commune présente dans les cheveux pour régénérer l’émail dentaire, cette substance précieuse qui maintient nos dents solides et éclatantes.
Cette découverte pourrait transformer radicalement l’approche thérapeutique des pathologies dentaires, offrant une alternative naturelle aux traitements conventionnels souvent toxiques et moins durables.
L’émail dentaire : un défi de régénération unique
Contrairement aux os, les dents ne possèdent pas de capacité de régénération naturelle. Lorsque l’émail s’érode sous l’effet de l’alimentation, d’une hygiène bucco-dentaire défaillante ou du vieillissement, la dentine plus tendre et jaunâtre se trouve exposée, marquant le début de dommages irréversibles.
La carie dentaire peut diminuer la résistance et la rigidité d’une dent jusqu’à 95 pour cent, provoquant douleurs persistantes et perte de fonctionnalité. Les cavités résultantes exposent parfois les terminaisons nerveuses, entraînant hypersensibilité, perte dentaire potentielle et détérioration osseuse mandibulaire.
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Un fléau mondial aux conséquences dramatiques
Selon le rapport Global Burden of Disease 2019, les caries non traitées sur dents permanentes affectent approximativement deux milliards de personnes, faisant potentiellement de la carie la maladie la plus répandue mondialement et une cause d’explosion des coûts sanitaires.
Les résines dentaires couramment utilisées présentent des inconvénients majeurs : toxicité potentielle, performances inférieures à l’émail naturel et impact environnemental problématique. Bien que les traitements au fluor ralentissent l’érosion de l’émail, ils ne peuvent ni la prévenir ni l’inverser.
La kératine : une solution biomimétique innovante
L’équipe londonienne a extrait la protéine kératine de laine de mouton et l’a placée dans de la salive artificielle. Cette kératine a spontanément prélevé des minéraux dans le liquide simulé pour s’auto-assembler en une structure semblable à l’émail dentaire.
Remarquablement, elle a reproduit fidèlement les propriétés de l’émail naturel, comblant les caries tout en restaurant protection, fonctionnalité et brillance nacrée caractéristique. Pour optimiser l’efficacité, les chercheurs ont combiné différents types de kératine et d’autres protéines, créant une architecture hiérarchique exceptionnellement résistante.
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Des applications cliniques prometteuses
« Nous entrons dans une ère passionnante où la biotechnologie nous permet non seulement de traiter les symptômes mais de restaurer les fonctions biologiques grâce aux matériaux propres de l’organisme », explique Sherif Elsharkawy, odontologiste au King’s College London et auteur principal de l’étude.
Les boosters d’émail à base de kératine pourraient être disponibles dans deux à trois ans sous forme de dentifrice quotidien ou de gel clinique appliqué comme un vernis. Cette technique pourrait propulser l’industrie dentaire vers une économie circulaire fondée sur l’innovation « déchet vers santé », transformant des matériaux habituellement jetés en ressources thérapeutiques essentielles.
SOURCE : Science Alert

