Cotonou a accueilli un rendez-vous d’importance capitale pour la stabilité régionale. Le dialogue régional de haut niveau sur les architectures de paix en Afrique de l’Ouest, organisé sous l’égide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et soutenu par le gouvernement béninois, s’est achevé le 12 septembre 2025 après deux jours d’intenses travaux.
Les discussions ont réuni représentants d’États, acteurs de la société civile et experts, aboutissant à l’adoption d’une feuille de route ambitieuse. Celle-ci insiste sur la coopération régionale, l’inclusion des jeunes et des femmes, ainsi que le renforcement des institutions pour faire face à l’extrémisme violent.
Un diagnostic sans complaisance
Durant 48 heures, les participants ont dressé un état des lieux alarmant. Le terrorisme et l’extrémisme violent progressent dans le golfe de Guinée, nourris par une combinaison de facteurs : pauvreté persistante, fragilité des communautés, effets du changement climatique, institutions vulnérables et absence de coordination entre pays voisins.
Dans ce contexte, les délégations présentes – venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo – ont rappelé que la menace dépasse les frontières. Adamou Aba Bagnan, conseiller technique au ministère béninois de l’Intérieur, a résumé l’enjeu : « Aucun pays, si fort soit-il, ne peut relever seul ces défis sécuritaires ». Cette déclaration illustre le consensus régional : la lutte contre l’instabilité exige des solutions collectives et une solidarité accrue.
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Les grandes orientations de la feuille de route
Les recommandations issues de la rencontre reposent sur plusieurs piliers. En premier lieu, la création d’une véritable architecture régionale de paix fondée sur la mutualisation des moyens et la coordination des initiatives nationales. L’idée est de dépasser les approches isolées pour construire une réponse unifiée face à une menace transnationale.
La feuille de route met également en avant l’importance d’une gouvernance inclusive. L’intégration des femmes, des jeunes et des autorités religieuses dans les processus décisionnels est considérée comme un levier indispensable pour renforcer la cohésion sociale et prévenir la radicalisation.
Autre axe majeur : le renforcement des capacités institutionnelles. Les participants appellent à doter les structures nationales et régionales de moyens humains et techniques adaptés. Enfin, la mobilisation de financements innovants, associant acteurs publics et privés, est jugée incontournable pour pérenniser les actions.
Un soutien affirmé du PNUD
Le représentant résident du PNUD au Bénin, Titus Oladayo Osundina, a qualifié la rencontre de « référence », insistant sur l’urgence d’une réponse collective. Selon lui, « si rien n’est fait, c’est toute la région qui risque la déstabilisation ».
Ces propos rappellent la nécessité d’une solidarité sans faille entre États, mais aussi d’un suivi concret des recommandations. Le PNUD s’engage à accompagner les pays du golfe de Guinée dans la mise en œuvre de cette feuille de route, en apportant expertise et appui technique pour transformer les engagements en résultats tangibles.
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De la parole aux actes
Au terme des travaux, les participants ont exprimé leur détermination à traduire les conclusions en actions sur le terrain. « Nous ne devons pas ranger cette feuille de route dans un tiroir. Elle doit se traduire sur le terrain », a insisté Adamou Aba Bagnan, rappelant la responsabilité collective des États et de leurs partenaires.
La rencontre de Cotonou marque ainsi une étape décisive dans la construction d’une réponse concertée contre l’extrémisme violent. Si la réussite de cette feuille de route dépendra de la volonté politique et de la mobilisation des ressources, elle ouvre néanmoins la voie à une coopération renforcée. Dans une région où les menaces sécuritaires ne cessent de croître, la capitale béninoise aura servi de cadre à une initiative qui ambitionne de transformer les discours en engagements durables. L’avenir dira si ce jalon saura consolider la paix en Afrique de l’Ouest, mais l’espoir d’une dynamique nouvelle est désormais posé.
SOURCE : Benin Web TV

