La majorité présidentielle a levé le voile sur son candidat pour l’élection de 2026. C’est Romuald Wadagni, actuel ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, qui portera les couleurs de la mouvance. Présenté comme le « joker gagnant », il incarne la continuité du modèle économique initié sous Patrice Talon et se positionne désormais comme l’homme fort du camp présidentiel.
Un technocrate au profil international
Formé à la Harvard Business School et ancien associé du cabinet Deloitte, Wadagni s’est imposé comme l’un des artisans majeurs de la transformation économique du Bénin. Depuis 2016, il pilote les réformes budgétaires et financières, ainsi que la mobilisation de ressources innovantes. Parmi ses initiatives emblématiques, les euro-obligations à impact social de 2021 ont marqué un tournant en finançant des projets structurants.
Son profil technocratique, combiné à une réputation de rigueur dans la gestion des finances publiques, lui a permis de gagner en crédibilité au-delà des frontières. En moins d’une décennie, il est devenu le symbole d’une gouvernance économique axée sur la discipline budgétaire et la recherche de solutions originales pour stimuler le développement.
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Une reconnaissance qui dépasse les frontières
Au fil de ses mandats ministériels, Romuald Wadagni a accumulé des distinctions qui renforcent son aura. Il a été désigné à plusieurs reprises « Meilleur ministre des Finances d’Afrique » par Financial Afrik et honoré par les African Banker Awards. Ces récompenses traduisent une expertise reconnue dans les cercles financiers internationaux. Pour la mouvance présidentielle, elles constituent un atout indéniable face à une opposition qui devra rivaliser avec un candidat perçu comme crédible, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.
La stratégie de continuité
En misant sur Wadagni, la majorité affiche clairement sa volonté de prolonger les réformes engagées depuis 2016. Les chantiers de la digitalisation des services publics, de l’assainissement des finances et de la modernisation du système fiscal figurent parmi les marqueurs de cette continuité. L’annonce met fin à des mois de spéculations et confirme le choix d’un profil davantage tourné vers l’économie que vers la politique traditionnelle.
Le message est limpide : la mouvance privilégie la stabilité et la poursuite des acquis plutôt qu’un changement de cap. Cette orientation vise à rassurer les investisseurs internationaux et à séduire un électorat sensible à la question de la croissance et du développement.
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Une opposition face à un défi d’unité
Si la majorité avance désormais avec un candidat désigné, l’opposition se trouve face à un défi crucial. Fragmentée, elle devra s’unir pour espérer peser dans la balance. La perspective d’une élection disputée dépendra de sa capacité à proposer une alternative crédible face à un adversaire qui capitalise sur le bilan économique des dix dernières années.
À huit mois du scrutin, l’entrée en lice de Romuald Wadagni redessine les contours de la compétition. Sa candidature illustre la stratégie de la mouvance : transformer un technocrate reconnu en figure politique de premier plan et miser sur la continuité comme levier électoral.
SOURCE : La Nouvelle Tribune

